Histoire et bienfaits des thérapies par les ventouses
- Olivier Clamaron

- 28 juin
- 29 min de lecture
Partage du 28 juin 2026
"Les ventouses ont longtemps fait partie de la panoplie des accessoires utilisés par les grand-mères et mères de famille dans notre pays, à la fois en milieu rural et citadin.
Bien avant que les avantages de la sécurité sociale profitent au plus grand nombre et que notamment l'allopathie soit mise en avant. "
Pour ma part, je vais dorénavant mettre parmi mes priorités de prestations les ventouses, car en Ardèche, je rencontre de nombreuses personnes qui ont ces souvenirs d'enfance de traitements reçus par leurs meres et grand-meres et aussi parce que leurs bienfaits correspond aussi et toujours aux besoins actuels de la population.
Je viens d'acheter une douzaine de ventouses et je vais encore les compléter prochainement par de toutes petites ventouses pour les bras et les mains pour faire face notamment aux problèmes d'articulations, d'arthrose et de circulation.
Je parlerai ici surtout des ventouses sèches, sans incision. Celles que je pratique depuis 2012.
Comme il est indiqué dans l'article ici, ( rubrique E°), Les ventouses sont un complément idéal pour un praticien de massage Tui Na. Elles aussi participent du Yin et du Yang.
Par leur action d’aspiration induite par la pression négative dans la cupule, elles amènent ce qui est en profondeur (Yin) à la surface (Yang).
L’énergie bloquée à l’interne (Yin) sera amenée à la superficie (Yang) et dégagée, comme en témoignent les ecchymoses qui en résultent.
Et qui sont proportionnelles aux toxines qui sont drainées.
Beaucoup en France ont peur de ces marques qui pourtant ne restent qu'une semaine en moyenne et des éventuelles douleurs. Et pourtant il n'y a quasiment jamais de douleurs et les ecchymoses devraient, au contraire, être accueillies avec soulagement car elles signifient que des énergies bloquées, anciennes et elles-mêmes sources de douleurs remontent à la surface et dans le circuit d'évacuation du corps.
Les ventouses vont donc renforcer l’action du massage ou le rendre plus efficace avec la réduction des zones corporelles bloquées et congestionnées. Leur application sur des points d’acupressure choisis en fonction de la pathologie du patient permet d’obtenir des résultats tangibles, ainsi qu’un soulagement immédiat.
Merci à Dominique Schueller, aujourd'hui praticienne en MTC, Tuina, reiki, ventouses, à Richwiller, dans le 68, qui a partagé sur internet, son mémoire de 60 pages de formation TUI NA -BMTC 2006-2008 de mai 2008, très riche en informations, que ce partage reprend en partie.
Elle meme s'est inspirée du livre " Thérapie par les ventouses" de Ilkay Zihni Chirali, paru aux éditions MALOINE-2007. Du livre : "Dis moi ou tu as mal et je te dirai pourquoi", de Michel ODOUL, paru aux Editions Albin Michel.
J'ai complété ces connaissances avec une autre méthode de pose de ventouses que j'ai apprise à l'Ecole SHEN de Paris en 2012 : sur les points "assentiments", "SHU" en Chinois et "Yu" en Shiatsu. Et pratiqué depuis pour stimuler l'énergie vitale et la diriger directement vers les organes internes, sans passer par les méridiens, par ces points du méridien de la vessie ; et renforcer le système immunitaire.
SOURCES INTERNET
"Tui Na, le véritable massage traditionnel chinois" par Jean Pierre Krasensky – logiciel magazine.com - 12/05/08
"Tui Na, le massage du Yin et du Yang" par Jean Robert Institut Xin’an – www.soleillevant - 12/05/08
"Massage Tui Na" - www.passeportsanté.net – 12/05/08
"La théorie des méridiens comporte-t-elle des éléments importés" par ZHU BING, traduction Marie Emmanuelle GAINEAUD - 05/05/08 Hippocrate Le Grand – www.medarus.com - 12/05/08
Horloge circadienne – http://www.shiatsu-aist.org
"A°) SITUATION ACTUELLE DANS LE MONDE
B°) HISTOIRE DE LA PRATIQUE DES VENTOUSES
MTC, Egypte pharaonique, Grece Hippocratique, Inde ancienne, Mayas, Turquie, Al Andalus, Italie ...
C°) BIENFAITS DU TRAITEMENT PAR LES VENTOUSES
La peau, le sang, le QI, le Wei QI ...
D°) LA STAGNATION
Les effets de la stagnation des aliments, des liquides organiques, du QI...
E°) COMPLEMENTARITE ENTRE TUI NA ( massage chinois) ET VENTOUSES
‘Massage ( "An Mo") en Chinois signifie Saisir et expulser. Il mobilise l'énergie et la diffuse dans les circuits énergétiques désobstrués afin de réduire contractures et blocages, calmer les douleurs et détendre les tissus en profondeur. Et donc stimuler l'homéostasie d'auto rééquilibre.
F°) LES EFFETS DE LA POSE DES VENTOUSES
Les ventouses ouvrent les pores de la peau, favorisent son renouvellement, et peuvent réduire la cellulite. Elles accélèrent et restaurent la circulation des fluides corporels, font remonter à la surface le sang, la lymphe (et donc l'énergie vitale) qui étaient stagnants ou bloqués, pour être purifiés et renouvelés. Ce qui stimule le métabolisme général.
Elles favorisent l'extraction et l'évacuation des facteurs pathogènes anciens accumulés, du "vieux sang" congestionné ( rendu moins acide, plus neutre ou alcalin).
Elles drainent les toxines.
Elles réactivent le fonctionnement des vaisseaux sanguins musculaires dans les zones ankylosées.
Elles améliorent la circulation du sang dans les articulations, l’activité et de la sécrétion du liquide synovial. Des spasmes musculaires autour des articulations peuvent être levés.
Elles ont aussi des effets remarquables sur les atteintes gastro entéritiques chroniques et sur la constipation et renforcent également les muscles et les organes respiratoires.
Le traitement par ventouses stimule les nerfs sensitifs de la peau. Les effets inhibiteurs sur une douleur ne se cantonnent pas à la zone directement traitée, mais débordent sur les territoires des principaux nerfs concernés.
Les ventouses sont, comme le massage, efficaces sur le syndrome dit de malaise général (céphalées chroniques, vertiges, langueur, épaules raides, asthénie, etc.
Et contre des maladies comme l’hypertension artérielle, les névralgies, les rhumatismes, la faiblesse musculaire, et les rhumes.
Les ventouses mobiles sont recommandées en cas de "maladies chaudes", ou au cours d’atteintes neurologiques comme les paralysies ou les faiblesses post-accident vasculaire cérébral.
G°) LES VENTOUSES EN VERRE :
H°) DEROULEMENT DE LA POSE DE VENTOUSES
Que peut-on attendre d’un traitement par ventouses ? Les explications des ecchymoses.
Les spécificités des ventouses mobiles. "La succion forte". Les ventouses à saignements. L'age des patients. La fréquence des poses de ventouses. Les contre-indications.
I°) LA POSE DES VENTOUSES SUR LES POINTS SHU LE LONG DE LA COLONNE
"Points assentiments du dos".
"A°) SITUATION ACTUELLE DANS LE MONDE
Si cette tradition a été en grande partie oubliée ici, les ventouses " ba guan", continue d'être très courantes dans la M.T.C. Médecine Traditionnelle Chinoise pour apaiser les douleurs musculaires, les troubles digestifs et respiratoires, soulager les articulations, libérer les tensions, remettre en circulation le sang, tonifier l’énergie vitale, le "QI", "chasser les énergies négatives". En Chine, elles sont pratiquées, dans les cliniques de MTC, les hôpitaux et à domicile.
Un dicton chinois dit que : ’’Acupuncture et ventouses soignent plus de la moitié des maladies’’.
On note aussi encore les memes pratiques traditionnelles en Russie, en Ukraine et en Pologne, comme traitement complémentaire, en cas d'affections respiratoires, douleurs musculaires. Tout comme au Mexique, Pérou, et au Brésil. En particulier, lorsque l'accès à la médecine dite " moderne" est limité.
Elles sont présentes aussi en Asie du sud est, par exemple, au Vietnam, en Thaïlande et en Indonésie, associées à des massages et à de la phytothérapie.
En Afrique du nord, au moyen orient, en Turquie et en Egypte, les ventouses existent aussi sous le nom de " hijama", mais dans la pratique qui implique aussi une légère scarification.
Les ventouses, appelées "me-btsa" , existent aussi, souvent en métal ou en corne, dans la " Sowa Rigpa", la Médecine Traditionnelle Tibétaine, en particulier en zone rurale, ainsi qu'à Dharamsala ( où la Tradition tibétaine est préservée). Mais elles sont moins centrales que l'acupuncture, la moxibustion et la pharmacopée.
Elles sont utilisées pour rééquilibrer les énergies ( les trois humeurs: vent, bile, phlegme) et traiter des déséquilibres spécifiques, comme les douleurs musculaires, les raideurs articulaires, les troubles respiratoires et déséquilibres liés au "vent" et énergies subtiles ( rLung). Après un diagnostic holistique basé sur le pouls, l'urine et l'observation.
Les ventouses existent aussi en ayurveda indien, pratiquées par les praticiens ayurvédiques " vaidya", sous leur forme sèches, sans incision, sous le nom de " Alabu Chikitsa", mais leur usage est moins fréquent que le massage " Abhyanga", le Panchakarma ( ensemble de cinq traitements de purification et détoxification du corps), le Shirodhara ( relaxation au niveau du troisième par un filet d'huile chaude ) et les préparations de phytothérapie.
Elles sont utilisées pour éliminer les toxines ( Ama), rééquilibrer les doshas ( Vata, Pitta, Kapha), rééquilibrer les douleurs articulaires, les troubles cutanés, migraines, et déséquilibres sanguins.
Comme souvent, la médecine occidentale moderne prétend désormais que les preuves scientifiques de l'efficacité des ventouses seraient limitées, et que leur usage reposerait sur la tradition et l'expérience clinique et pourtant il y a plusieurs millénaires d'expériences réussies par les praticiens professionnels ou au sein des familles, sur tous les continents.
B°) HISTOIRE DE LA PRATIQUE DES VENTOUSES
Les ventouses ont été utilisées depuis des temps immémoriaux, un peu partout dans le monde.
Les premières ont vraisemblablement été confectionnées à partir de cornes
animales évidées, à l’intérieur desquelles ont allumait du feu afin de pouvoir créer un vide d’air et provoquer ainsi une aspiration. Elles servaient, à l’époque, à aspirer le pus et le sang dans le traitement des furoncles. Une autre technique empirique consistait à en couper la pointe et, dans ce cas, le praticien aspirait avec sa bouche pour créer le vide d’air. Et seule la longueur de la corne lui servait de protection…
Un guérisseur africain, ou chamane, utilise la technique des ventouses à l’aide de cornes
d’animaux pour aspirer du sang à la surface de l’organisme (source I.Z.CHIRALI)
Par la suite, elles ont été utilisées comme méthode d’appoint en chirurgie traditionnelle chinoise, et elles se sont avérées efficaces dans de nombreuses autres applications. Elles ont finalement été reconnues comme méthode thérapeutique spécifique. La corne a été remplacée par du bambou, puis de la céramique ou du verre.

Un dicton chinois dit que : ’’Acupuncture et ventouses soignent plus de la moitié des maladies’’.
En Chine, C’est dans le Bo Shu (livre ancien écrit sur la soie, découvert dans une tombe
ancienne de la dynastie Han, en 1973, qu’on trouve les plus anciens écrits de l’emploi des ventouses. Des cas de traitement de la tuberculose ont été rapportés dans le Weitaimiyao en 755 ap. J.C.
Les points Shu du dos, sur le méridien de la vessie, correspondent aux organes internes, sont décrits dès le " Huangdi neijing" ( Classique interne de l'Empereur Jaune, compilé autour du ii° siècle avant J.C".
D'autres textes anciens comme le " handbook of prescriptions for emergencies" de Ge Hong ( vers 281-341 ap. JC mentionnent leur utilisation, avec des ventouses en cornes, bambou et en verre.
Après plusieurs centaines d’années d’accumulation d’expérience clinique, les applications du traitement par ventouses sont devenues de plus en plus vastes.
Un grand nombre des écrits de l’époque seront détruits lors des nombreux autodafés qui ont ponctué l’histoire de ce pays.
En Egypte ancienne
Les Egyptiens anciens ont été les premiers à utiliser les ventouses de manière systématique. Le papyrus Ebers, que l’on pense le plus ancien texte de médecine, écrit aux alentours de 1550 ans av. J.C. en Egypte, décrit des saignées par ventouses dans le but ‘’d’éliminer des substances étrangères de l’organisme’’.
On retrouve d’ailleurs à l’entrée d’une tombe égyptienne à Louxor la représentation des ventouses gravée dans la pierre.
Hiéroglyphes à l’entrée d’un tombeau de Louxor (source I.Z. CHIRALI)

Chez les égyptiens, qui introduisirent ensuite les saignées en Grèce, la pose de ventouses était le remède habituel contre pratiquement toutes les maladies, et ils ne doutaient pas de
l’avoir héritée des plus anciennes nations orientales, dont ils avaient tiré tout leur savoir.
On retrouve dans leurs écrits la description des metu (méridiens) qui permettent la circulation de l’énergie, gage de bonne santé. Le singulier de metu est met.
Pictogramme symbolique de l’Egypte Ancienne de met (source ZHU)

Pictogramme symbolique de médecin : en haut à gauche, une aiguille ; en bas à gauche, un bol.(source ZHU)
Les incendies qui ravagèrent à deux reprises la grande bibliothèque d’Alexandrie d’Egypte sont considérés par les érudits comme une catastrophe mondiale : plus de 80 % des archives
des civilisations les plus cultivées du Moyen Orient sont perdues.
En Grèce antique
Hippocrate (460-377 av. JC), considéré comme le Père de la médecine, était notamment un ardent défenseur des ventouses, essentiellement avec saignement. D’après ses travaux, il apparaîtrait que de très grosses ventouses auraient été utilisées par les plus anciens médecins grecs pour la réduction des luxations vertébrales, en se fondant sur l’hypothèse selon laquelle ‘’les os qui étaient enfoncés à l’intérieur pouvaient être ramenés en bonne place par l’aspiration des ventouses’’.

Non seulement les ventouses, mais des principes de base ressemblant singulièrement aux fondements de la Médecine Chinoise étaient acceptés, voire reconnus par Hippocrate, tels les méridiens qu’il appelle phlebs.
1er couple - 2° couple - 3° couple - 4° couple des phlebs d’Hippocrate (source ZHU)

Cette pratique existait également dans les anciennes civilisations d’autres pays, et même dans les tribus de certains sauvages incultes. On en retrouve les traces parmi les
populations natives d’Amérique, les Hottentots, les Hindous, les habitants
des iles du Sud Est et de Nouvelle Hollande, les Japonais et les Chinois, sans que l’origine exacte n’ait été clairement démontrée.
En Inde ancienne
Au 15ème siècle av. J.C., Chakara Samitha a décrit un système de voies ‘’nadis’’ sur le corps, qui transporte le ‘’rasa’’ (liquide vital), qui relie l’ensemble du corps à partir du
nombril. La traduction chinoise de ‘’nadis’’ est directement et sans détour ‘’méridiens’’.
En Amérique du Sud
La médecine Maya, par ailleurs, ressemble beaucoup à la médecine Chinoise. Ce qui diffère de la théorie Yin-Yang est chez les Mayas, le dualisme Froid-Chaud.
Sur leurs ‘’canaux à vent’’, 50 points thérapeutiques sont éparpillés, qui ont un emplacement et des indications thérapeutiques identiques à celles de la médecine chinoise.
Les méthodes thérapeutiques utilisées étaient l’acupuncture, la saignée, le massage, la moxibustion, la pose de ventouse, etc.
En Asie
Les Turcs Ottomans utilisaient eux aussi régulièrement les ventouses dans les hammams, c’est dire s’ils étaient d’usage commun !
En Europe
Au Vème siècle, les invasions barbares mettent un terme à tous les arts utiles et intellectuels, y compris la médecine.
Ce n’est qu’au IXème siècle qu’on retrouve les traces de l’usage des ventouses chez les Arabes en Espagne, où cette tradition va à nouveau s’épanouir pendant 300 ans. Les
Espagnols ayant établi une correspondance médicale avec l’Italie, ce pays devient le principal centre de la science médicale.
‘’En 1683, Bellini, un médecin italien renommé, a privilégié la pose sèche de ventouses’’.
Chirurgien appliquant des ventouses à un patient (source I.Z.CHIVARI)
Les médecins européens et américains ont employé les ventouses avec saignement pour traiter de nombreuses affections jusqu’à la fin des années 1860. Celles-ci sont alors délaissées au profit des ventouses sèches, qu’on utilise soit de manière révulsive, c'est-à-dire à distance pour éliminer un excès de sang dans la zone affectée, soit de manière dérivative, plus à proximité.
Un poseur de ventouse de l’époque concluait ainsi : ‘’la révulsion n’est qu’une dérivation en un point distant’’ ! Le débat était lancé, qui a animé les polémiques pendant de nombreuses
années. C’est au début du XXème siècle que l’usage des ventouses se perd en Europe et en Amérique, alors qu’il reste courant en Turquie, en Grèce, et bien sûr en Chine.
De nos jours, nous constatons un regain d’intérêt pour des médecines dites alternatives : homéopathie, réflexologie, chiropractie, ostéopathie, massage, acupuncture, Tui Na.
Des formations de qualité sont organisées, avec des textes permettant une auto-évaluation.
Il est clairement établi que le traitement par ventouses, enseigné et utilisé correctement en tant que tel ou parallèlement à diverses thérapies par le toucher, peut influencer positivement et accélérer le processus de guérison naturelle du corps.
C°) BIENFAITS DU TRAITEMENT PAR LES VENTOUSES
Notre premier contact avec le monde extérieur se fait à travers la peau. Elle est le miroir de notre santé.
Chez un sujet en bonne santé, elle est brillante, ferme et lisse. Elle est en relation avec les organes internes par le biais des méridiens et des points d’acupuncture. Pour mieux comprendre comment tout cela fonctionne, voyons ensemble la terminologie spécifique à la Médecine Traditionnelle Chinoise.
LA PEAU
La peau est notre organe le plus étendu et contient les liquides organiques, du sang, des vaisseaux sanguins, des tissus conjonctifs, des muscles et une riche innervation. Elle répond à des variations de température et est généralement chaude au toucher. Chez un sujet en mauvaise santé, la peau est terne, éteinte, de coloration peu naturelle et souvent froide au toucher. La peau protège l’organisme contre les pathogènes externes.
C’est le principal organe de sensibilité.
Les 14 principaux méridiens ayant un lien direct avec les organes internes (Zang Fu) se situent également dans la peau.
Quand on stimule un point particulier par acupuncture, massage ou ventouse, l’objectif reste le même : influencer et modifier le Sang et le Qi d’un organe particulier à travers une manipulation de la peau.
Selon la MTC, la peau est influencée et est sous contrôle direct des Poumons.
Quand l’énergie pulmonaire est forte, la peau est nourrie, luisante, et joue pleinement son rôle, et les poils et les ongles reçoivent des nutriments et paraissent sains.
Les Poumons diffusent le Qi et les Liquides Organiques dans tout l’organisme à travers la peau. Ainsi, l’humidité cutanée dépend également de l’état de santé des Poumons.
Chaque organe Zang Fu est représenté par un méridien sur la peau et donc d’une connexion – une porte ouverte – se crée avec des pathogènes externes via la peau.
LE SANG
‘’Une substance transformée par l’essence des aliments et engendrée par l’activité fonctionnelle du Qi, et qui circule dans les vaisseaux sanguins et nourrit les tissus corporels’’ En MTC, le Sang dérive des aliments et du Qi qui est produit par la Rate. Il contient le Qi.
Le Qi est la locomotive du Sang. ‘’Le Sang est inséparable du Qi lui-même, le Qi influence la vie dans le Sang ; sans Qi, le Sang ne serait qu’un liquide inerte.
’’ Quand le Qi se déplace, le Sang se déplace aussi, et vice-versa : où va le Sang le suit le Qi. Quand on les compare, le Sang est Yin et le Qi est Yang.
Le Sang circule dans les vaisseaux sanguins et également dans les méridiens et les collatérales.
LE QI
Le Qi est la vie même. C’est la force vitale, l’Energie de la vie.
Le Qi est reflété par le mouvement et la chaleur.
Un mouvement, quel qu’il soit, demande du Qi et souvent cela se manifeste par de la chaleur. Lorsqu’un patient se plaint de froid, il existe souvent un manque d’énergie. Quand on traite une maladie qui se situe au niveau du Qi, le facteur pathogène externe continue son combat au niveau cutané et la résistance globale de l’organisme reste bonne. Les manifestations cliniques sont par exemple une fièvre élevée, une toux avec mucosité fine et jaunâtre, une respiration sifflante et une soif.
Le traitement par ventouses à ce niveau est très efficace.
LE WEI QI
Le Wei Qi est le Qi protecteur/défensif qui chemine juste sous la peau. Il forme la paroi défensive la plus externe contre tous les pathogènes externes comme le Vent, le Froid, l’Humidité et la Chaleur. Il régule l’ouverture et la fermeture des pores de la peau et intervient donc dans le contrôle de la transpiration.
Il réchauffe et nourrit la peau, sa source est le Sang et le Qi, et il est gouverné par les Poumons.
‘’Le Wei Qi est un type de Yang Qi qui résulte de la digestion et de l’absorption des aliments par la Rate et l’Estomac.
Il a des fonctions de protection des téguments (peau) et de la musculature contre les pathogènes externes, ajustant la sécrétion de sueur et nourrissant la portion cutanée.’’ ‘’Une incapacité du Wei Qi à protéger l’organisme contre les maladies se manifeste par un état morbide caractérisé par une sudation spontanée et une aversion au Vent, dû à une déficience du Qi superficiel, abaissant la capacité de l’organisme à résister aux maladies et aboutissant à l’invasion par des facteurs pathogènes externes.’’
Les manifestations cliniques à ce niveau sont une fièvre avec sudation faible ou inexistante, des céphalées occipitales, une raideur du cou, une soif, une angine, une toux et des frissons. Le traitement des affections par pose de ventouse à ce niveau est très efficace.
D°) LA STAGNATION
En MTC, la stagnation se réfère à la congestion et l’accumulation du fait de l’absence de déplacements de tous ordres, c'est-à-dire les Aliments, les Liquides Organiques, le Qi et le Sang.
Stagnation des Aliments
On retrouve fréquemment cet aspect chez l’enfant auquel les parents donnent une nourriture riche et parfois sous contrainte. Des boissons et des aliments froids, des habitudes alimentaires irrégulières peuvent également créer des problèmes d’accumulation. Ces troubles perturbent la fonction de transformation et de transport de la Rate. Les manifestations cliniques sont une agitation, des vomissements, la production de mucosités, des diarrhées, une constipation, un durcissement de l’estomac et un abdomen douloureux.
Stagnation des Liquides Organiques
Les Reins gouvernent l’Eau et les Liquides Organiques, la Rate les extrait de l’alimentation. Les Reins sont responsables de la partie profonde de l’organisme, de la Vaporisation des Liquides par le Yang du Foie, de leur transformation et de leur excrétion. Quand ce processus est perturbé par des pathogènes Chaud ou Froid ou par un excès d’aliments crus, il y a alors atteinte des fonctions de la Rate.
Les manifestations cliniques sont l’apparition d’œdèmes, une oligurie ou alors une polyurie. On retrouve cette affection essentiellement chez les personnes âgées, et elle est due à une déficience du Qi du Cœur ou du Rein.
Stagnation du Qi
Dans ce trouble, le Qi ne s’écoule pas harmonieusement dans l’organisme.
Les principales manifestations cliniques sont une sensation de distension, une douleur de distension qui se déplace de place en place, des masses abdominales qui apparaissent et disparaissent, une dépression mentale, une irritabilité, une sensation de tristesse, des sautes d’humeur fréquentes, des soupirs fréquents, un pouls en fil de fer ou serré, une langue légèrement violette.
Stagnation de Sang (Voir plus haut le paragraphe concernant le Sang).
Les manifestations cliniques sont une sensation d’engourdissement et de fourmillements, qui est ressentie surtout le matin au réveil, des lombalgies avec refus de palpation et aggravation à l’effort, des céphalées avec douleur fixe sévères et soulagées par la pression, des palpitations, une langue violacée, des lèvres et des ongles cyanosés, une oppression de la poitrine, des retards de cycle.
E°) COMPLEMENTARITE ENTRE TUI NA ( massage chinois) ET VENTOUSES
Trois actions thérapeutiques sont enseignées et peuvent être entreprises dans le cadre de la formation au Tui Na :
! An Mo, - les massages !
Ban Fa – les étirements !
Dong Fa – les manipulations
Le massage Tui Na est, avec l'acupuncture, la diététique, la pharmacopée et les exercices énergétiques (Qi-Gong et Tai-chi), l’une des cinq branches de la Médecine traditionnelle chinoise (MTC).
Le Tui Na élimine les blocages et stimule les capacités d’auto guérison de l’organisme. Il favorise la circulation sanguine et énergétique et contribue à diminuer la douleur. Souvent employé en combinaison avec d’autres thérapies de la MTC, le massage chinois est utilisé pour soulager un grand nombre de maux courants (rhume, migraine, constipation, nervosité, etc.) et d’affections liées au système ostéo articulaire (lombalgies, tendinites, entorses, etc.);
Pour un Chinois, la Vie c’est toujours et nécessairement du Yin et du Yang.
C’est pour cette raison qu’ils s’opposent tout en étant complémentaires. Ces deux modalités énergétiques sont bien présentes dans le massage Tuina.
Le terme même de Tui Na, nous en désigne d’ailleurs deux capitales :
Tui, qui est l’action de ‘’Pousser’’ et Na qui est celle de ‘’Saisir’’. Prendre et repousser, c’est tout un programme !
Il s’agit, là aussi, de deux actions opposées mais complémentaires qui nous replongent tout de suite dans la grande dialectique du Yin et du Yang, merveilleusement symbolisée par le célèbre diagramme du Taiji.
‘’Saisir’’ représente ici la polarité Yin, il s’agit en effet d’un geste de préhension qui ramène l’énergie vers soi.
Au contraire, ‘’Pousser’’ est une méthode d’expulsion, de rejet vers l’extérieur, c’est donc une forme Yang.
Employées en alternance, ces deux techniques vont mobiliser le Qi interne du patient afin de ‘’réanimer’’ la circulation énergétique dans les méridiens.
Par la Saisie, l’énergie bloquée à l’interne est extraite et ramenée à la superficie ; par la Poussée elle est dégagée et propulsée dans la grande circulation.
La répétition de ces mouvements est réputée pour dissoudre les stases, désobstruer les méridiens, calmer les douleurs et détendre en profondeur les tissus.
Bien entendu un certain nombre de paramètres (comme la vitesse, la force, la profondeur, la direction du geste ainsi que les parties corporelles utilisées pour pratiquer) vont permettre au praticien de moduler son traitement en fonction des caractéristiques physiques et énergétiques de son patient et de la localisation de la pathologie.
Mais l’harmonie énergétique, qui est toujours l’objectif final en médecine chinoise, résultera finalement toujours du juste équilibre entre les deux forces opposées et complémentaires Yin et Yang.
Un autre exemple de cette nécessaire complémentarité des oppositions va nous être donné par l’appellation générique du massage en chinois, An Mo.
Alors que Tui Na représente l’aspect plus spécifiquement thérapeutique du massage, le terme d’An Mo désigne globalement le massage traditionnel.
An, c’est ‘’Presser’’ et Mo, c’est ‘’Frotter’’.
Nous voici à nouveau confronté à nos deux polarités : en effet, pour presser il faut appuyer et donc pénétrer à l’interne, il s’agit en conséquence d’une technique Yin ; au contraire Mo nous montre une action Yang car elle se passe en superficie, c’est une sorte de caresse ‘’épidermique’’ qui ne concerne que le niveau superficiel de l’individu.
Mais là encore, les actions se complètent et s’épousent à merveille. An permet de stimuler la profondeur et Mo de dégager la surface. Nous constatons ainsi que pour dire ‘’massage’’, les chinois ne font finalement que répéter ‘’Yin et Yang’’ en se servant simplement de divers termes techniques.
Ils nous rappellent ainsi sans arrêt que, dans l’existence, tout participe nécessairement de ces deux énergies fondatrices.
Les autres techniques citées plus haut concernent les manipulations ostéoarticulaires constituées par les Ban Fa, étirements qui permettent de redonner leur place et leur tonus aux muscles spasmés, et de l’espace aux articulations pour qu’elles reprennent leur espace naturel. L’étirement se fait en douceur, et sans douleur.
Les Dong Fa sont des manipulations de type ostéopathique plus complexes et précises, qui n’entraient pas dans le cadre de la formation suivie. Ils font l’objet de stages en 3° année, pour ceux qui le souhaitent.
Les ventouses sont un complément idéal pour un praticien de Tui Na.
Elles aussi participent du Yin et du Yang.
Par leur action d’aspiration induite par la pression négative dans la cupule, elles amènent ce qui est en profondeur (Yin) à la surface (Yang).
L’énergie bloquée à l’interne (Yin) sera amenée à la superficie (Yang) et dégagée, comme en témoignent les ecchymoses qui en résultent.
Les ventouses vont donc renforcer l’action du massage. Leur application sur des points d’acupressure choisis en fonction de la pathologie du patient permet d’obtenir des résultats tangibles, ainsi qu’un soulagement immédiat.
F°) LES EFFETS DE LA POSE DES VENTOUSES
-Les ventouses régulent les flux de Qi et de Sang.
-Elles contribuent à aspirer et éliminer des facteurs pathogènes externes comme le Vent, le Froid, l’Humidité et la Chaleur.
-Elles déplacent également le Qi et le Sang et ouvrent les pores de la peau, facilitant l’extraction des pathogènes à travers la peau.
Rien ne déplace plus rapidement le Qi et la Sang que les ventouses.
Dès le début de leur application, on peut observer un mouvement de sang vers les cupules. Chez un patient carencé en énergie, ce mouvement sera lent et il sera beaucoup plus rapide si l’énergie abonde. Ce phénomène est facilement observable avec les cupules en verre. Les ventouses sont particulièrement efficaces quand le facteur pathogène se localise encore dans la surface énergétique superficielle externe de l’organisme, le niveau Wei Qi (défense - protection). Quel que soit le méridien choisi, les objectifs de traitement restent les mêmes, à savoir l’extraction des facteurs pathogènes externes de l’organisme et la restauration de la circulation du Qi, du Sang et des Liquides Organiques, ce qui permet de recouvrer la santé.
EFFETS SUR LA PEAU
Le stimulus direct entraîne une augmentation de la circulation sanguine, élève la température cutanée et stimule le métabolisme dans les tissus cutanés. Il améliore le fonctionnement des glandes sudoripares et sébacées de la respiration cutanée et assure un apport suffisant de nutriments aux tissus.
Objectifs : extraire le vieux sang stagnant de l’intérieur de la peau, ainsi que les substances vénéneuses de sa surface.
Le traitement accélère la sécrétion de sels et de substance sébacée, et l’excrétion de l’eau. Il renforce le pouvoir de renouvellement de la peau et sa résistance à diverses atteintes.
EFFETS SUR LES MUSCLES
L’aspiration à faible pression des ventouses stimule les vaisseaux capillaires sous-cutanés, ce qui active le fonctionnement des vaisseaux sanguins musculaires.
Leur expansion facilite l’écoulement du sang et a un effet remarquable sur une épaule ankylosée par exemple, en enlevant du sang congestionné.
De plus, la circulation lymphatique est renforcée. Après le traitement, la peau est rayonnante du fait de l’augmentation de la température cutanée et des muscles, sous l’effet de l’augmentation du débit sanguin.
EFFETS SUR LES ARTICULATIONS
Les atteintes musculaires rhumatismales chroniques sont des affections pour lesquelles les ventouses sont efficaces. Dans ce cas, on concentre le traitement sur la zone articulaire concernée. Quand l’atteinte est modérée, une guérison quasi complète est envisageable, et cela est attribué à une amélioration de la circulation du sang dans l’articulation, de l’activité et de la sécrétion du liquide synovial. Des spasmes musculaires autour de l’articulation peuvent être levés.
EFFETS SUR LES ORGANES DIGESTIFS
Comme le pouvoir de guérison naturel tire son énergie essentiellement des organes digestifs, on met l’accent sur le traitement de l’estomac, de la rate et des intestins.
Le pouvoir d’attraction d’une faible pression exercée sur le ventre stimule la partie interne des organes, leurs mouvements péristaltiques et la sécrétion des liquides digestifs, renforçant ainsi le pouvoir de sécrétion.
Ce traitement a globalement des effets remarquables sur les atteintes gastro entéritiques chroniques et sur la constipation. Il renforce également les muscles et les organes respiratoires.
Beaucoup de patients ont faim après une application de ventouses dans la région abdominale. Les organes digestifs, notamment l’estomac et la rate, sont considérés comme les plus importants en tant que moteur du corps humain.
EFFETS GENERAUX DES VENTOUSES
La purification du sang
Du fait de la traction exercée par la faible pression, le débit sanguin dans les artères et les veines augmente, mais dans le cas de ces dernières, on note des points de congestion locale qui apparaissent et disparaissent. La facilitation du débit sanguin est la caractéristique la plus importante de ce traitement. Il est très utile pour les artères indurées, les épaules raides, etc.
Le Dr Katase, de l’université d’Osaka, pense que ce traitement peut modifier la composition du sang : il augmenterait le nombre de globules rouges et blancs et rendrait alcalin ou neutre un sang acide.
Le sang serait alors purifié. Les ventouses drainent les toxines.
La stimulation du système nerveux
Le traitement par ventouses stimule les nerfs sensitifs de la peau. Les effets inhibiteurs sur une douleur ne se cantonnent pas à la zone directement traitée, mais débordent sur les territoires des principaux nerfs concernés.
Le traitement du dos porte principalement sur le niveau médian et les nerfs parasympathiques situés à côté.
Leur stimulation a des effets favorables non seulement sur le système nerveux autonome lui-même, mais aussi sur plusieurs organes sous contrôle.
Les ventouses sont, comme le massage, efficaces sur le syndrome dit de malaise général, avec des céphalées chroniques, des vertiges, une langueur, des épaules raides, une asthénie, etc.
Ces troubles peuvent être dus à une anxiété, une inquiétude et une douleur corporelle.
Les ventouses sont également efficaces contre des maladies comme l’hypertension artérielle, les névralgies et les rhumatismes.
Les effets locaux et généraux de ce traitement renforcent le pouvoir de guérison contre certaines maladies et, en association à des mesures diététiques et à une psychothérapie, peuvent guérir ou prévenir complètement la maladie.
Le traitement par ventouses convient dans le traitement des douleurs, des syndromes Bi, des maladies des systèmes digestif, circulatoire et respiratoire, de certaines affections cutanées comme les furoncles et l’eczéma, des attaques de Vent (paralysie faciale), de la faiblesse musculaire, de l’hypertension artérielle et des rhumes banaux.
G°) LES VENTOUSES EN VERRE :
Facilement disponibles en Chine, les ventouses en bambou sont peu onéreuses et extrêmement légères, durables et peuvent être utilisées pendant des années. On ne peut toutefois pas les stériliser correctement, parce que le bambou est poreux et aspirant. Par ailleurs, il n’est pas possible de surveiller l’aspiration pour éviter la formation de bulles.
Avant d’employer des ventouses en verre, la faïence et la porcelaine ont été utilisées pendant des milliers d’années. En raison des inconvénients évidents des cupules en porcelaine (onéreuses, lourdes et fragiles) les cupules en verre ont été introduites peu après l’invention du verre lui-même, vers 2500 ans av. J.C. par les Egyptiens.
Les bords des cupules sont plus épais et plus lisses que ceux en bambou, elles existent également en différentes tailles.
Ce sont les plus employées par les praticiens occidentaux, parce que plus faciles à utiliser et à stériliser, et parce que la progression de la succion dans la cupule est bien visible.
Pour déterminer la taille de la ventouse à employer, je serai attentive à la taille et la corpulence du patient, d’une part, et de la taille de la zone à traiter. Je n’ai qu’un regret, c’est qu’elles sont fragiles, qu’il leur arrive de se détacher intempestivement et de casser en tombant et que leur remplacement est coûteux.
Il existe aussi d'autres modèles, détaillées dans l'article initial, mentionné au début de ce partage.
H°) DEROULEMENT DE LA POSE DE VENTOUSES
La succion, ou pression négative, est obtenue en introduisant une flamme dans la cupule au moyen d’un coton enflammé, que je tiens au moyen d’une longue pince.
Je prépare auparavant les ventouses à proximité immédiate du patient. Je tiens la ventouse d’une main, et la pince avec le coton enflammé de l’autre. Je m’approche le plus possible du site de pose, j’introduis rapidement et brièvement la flamme dans la cupule en tournant simultanément et je place la cupule sur le point recherché.
Pour obtenir une bonne succion, le coton doit être bien enflammé. Pour que la succion soit bonne, la flamme doit être grande, même pour les petites ventouses.
Plus grande est la flamme, plus grande est la succion.
Je ‘’règle’’ le degré de succion en exerçant simplement une pression du bout du pouce sur le bord de la cupule, pour laisser l’air y pénétrer et atténuer la force d’aspiration. J’utilise notamment cette méthode lorsque je veux obtenir une succion faible ou moyenne.
Je pose les ventouses sur une peau préalablement huilée (huile de massage du commerce, à défaut il est possible d’utiliser de l’huile d’olive).
Les ventouses, une fois utilisées, doivent être stérilisées avant un nouvel usage.
Que peut-on attendre d’un traitement par ventouses ?
L’objectif principal du traitement par ventouses est la levée de la stagnation de tout type de l’organisme. Presque systématiquement, la première pose est suivie d’une ecchymose légère ou d’une marque en anneau engendrée par le bord de la cupule, sur le site de traitement.
Le patient doit percevoir une sensation d’étirement, de traction et d’échauffement de la peau, mais pas de douleur.
Normalement, la marque en anneau et l’ecchymose disparaissent en une semaine.
Dans certains cas, une extraction d’eau peut se faire sur la peau située à l’intérieur de la cupule. Personnellement, je n’ai jamais rencontré ce cas, mais j’ai lu qu’une bulle peut se former en cas de pose trop prolongée et d’une force de succion excessive. Il faut alors retirer la ventouse sans délai et percer la bulle avec un instrument pointu stérile, comme une aiguille d’acupuncture, pour évacuer le liquide. (D’où l’intérêt des ventouses en verre).
Il ne faut pas réappliquer de ventouses sur une bulle antérieure avant cicatrisation complète. Les ecchymoses et la formation de bulles surviennent préférentiellement chez les patients âgés et chez les jeunes enfants.
L’ecchymose est généralement maximale lors de la première séance, du fait de la stagnation du Sang et du Qi. Lors des séances suivantes, les marques sont nettement moins visibles, du fait de l’amélioration de la circulation et de la disparition de la stagnation.
Les petits capillaires situés sous la peau se remplissent et se vident librement et, du fait d’un meilleur métabolisme après le traitement, une sensation de chaleur et de bien-être envahit le corps du patient, qui ressent également une sensation de légèreté. Il vaut toujours mieux terminer un traitement au moins une semaine avant le départ en vacances du patient.
A la fin de la séance, on note parfois une courte période de sensibilité à la palpation. La pression artérielle peut chuter chez les sujets hypotendus. Il faut éviter de renvoyer trop tôt ces patients après le traitement;
La succion forte, obtenue avec une grande flamme, est une des techniques de drainage les plus répandues, avec les ventouses mobiles.
Un vide intense va être engendré, donnant une sensation de traction intense sur la peau qui monte dans la cupule. Du fait de la traction, la peau contenue dans la ventouse va rapidement virer au rouge, puis au violet.
Elle est particulièrement recommandée dans le traitement des syndromes Bi de type chaud et de l’épaule gelée.
Les ventouses mobiles sont utilisées principalement sur le méridien de la vessie, sur le dos, à env. 1,5 et 3 Cun de la colonne vertébrale, de part et d’autre. Elles sont recommandées en cas de maladies chaudes, ou au cours d’atteintes neurologiques comme les paralysies ou les faiblesses post-accident vasculaire cérébral.
Le principal objectif des ventouses mobiles est de manipuler l’énergie en excès et d’apporter la chaleur à la surface de la peau.
Après quelques passages seulement, des ecchymoses apparaissent le long de la ligne de mouvement. Plus la chaleur interne est importante, plus l’apparition de l’ecchymose est rapide.
Les ventouses mobiles sont également efficaces pour le traitement de la cellulite, en application locale le long du méridien Vésicule biliaire, de la hanche au genou.
Les ventouses à saignement (drainantes)
C’était la méthode préférée des premiers praticiens. Elle servait à purger le sang fétide, qui était considéré comme l’origine de la maladie. Aujourd’hui, la méthode est encore employée dans les augmentations brutales de la pression artérielle et dans l’évacuation de pus des furoncles qui correspondent à des excès, avec Chaleur de Sang et stagnation.
Cette méthode n’est adaptée qu’à l’adulte ayant des énergies fortes et excessives, et non aux enfants ni aux personnes âgées. Tapoter fermement le point DM14 avec une aiguille ‘’fleur de prunier’’ pour faire apparaître un saignement. Puis poser une grande cupule et appliquer une succion forte sur le point pendant 15 minutes. Suivre les recommandations d’usage quant aux protections à prendre avant de retirer la cupule.
L'age des patients
L’âge ne peut être considéré comme le critère déterminant du traitement. Il est important de se fonder sur les critères de diagnostic (observation, écoute, olfaction, interrogation et palpation) pour choisir la bonne méthode de pose et la durée de traitement, au cas par cas. Le patient tirera ainsi un bénéfice complet du traitement, au lieu d’épuiser son énergie du fait du choix d’une méthode inappropriée.
Une sensation ‘’d’ébriété’’ ou ‘’d’étourdissement’’ post thérapeutique est une plainte fréquente de la personne âgée. Pour la prévenir, j’aide le patient à se lever de la table quand la séance est terminée et je lui laisse un temps de récupération de quelques minutes avant de se rhabiller.
Les enfants ne craignent pas les ventouses, et les préfèrent certainement à l’acupuncture ! Il n’est pas recommandé de poser des ventouses sur les enfants de moins de 4 ans. En règle générale, jusqu’à 7 ans, la principale difficulté sera leur imprévisibilité : calmes et relaxés, ils peuvent, la minute suivante changer du tout au tout, se mettre à pleurer, faire une colère et commencer à s’agiter. Par ailleurs, il est important de se rappeler que la peau d’un enfant est extrêmement sensible et vulnérable. Et certains enfants ont peur du feu.
Les petites cupules (taille 1-2) conviennent le mieux aux enfants de moins de 7 ans, les tailles 2-3 peuvent être utilisées jusqu’à 14 ans.
La règle d’or, quand on traite les enfants de moins de 7 ans, est que la durée maximale du traitement est de 5minutes (10 minutes entre 7 et 14 ans).On peut utiliser les méthodes éclair et la succion faible à moyenne. Ne jamais utiliser de succion forte, de ventouse mobile, de ventouse avec aiguille, armoise ou saignement avant 14 ans. De plus, les ecchymoses et les bulles surviennent facilement chez l’enfant. Il faut donc assurer une surveillance de chaque instant. Les affections le plus souvent traitées par ventouses chez l’enfant sont l’asthme, le rhume banal et les plaintes digestives. On place généralement les cupules sur les points Shu du dos.
FREQUENCE DES POSES
Le traitement se fait normalement sur dix séances, qui peuvent être journalières en Orient, même si la norme en Occident serait plutôt hebdomadaire, comme pour les séances d’acupuncture. Pour ma part, j’estime que, dans les cas sévères, deux à trois séances hebdomadaires, pendant 2 à 3 semaines en début de traitement, permettent de ‘’booster’’ l’état du patient, qui se sentira très vite durablement mieux.
C’est particulièrement le cas dans les syndromes de Vide, qui vous laissent tellement à plat que vous n’avez même plus la force, ni l’envie, de faire quoi que ce soit, ni même de se lever le matin ! Je m’organise donc pour que les 3-4 premières séances aient lieu de manière plus rapprochée, puis le reste du traitement s’effectue à raison d’une séance par semaine. Pour la première séance, je prévois une durée d’une heure trente, ce qui me permet d’établir mon diagnostic et de démarrer le traitement.
CONTRE INDICATIONS
Les ventouses sont généralement d’usage sûr et n’ont pas d’effets secondaires.
Il convient toutefois d’en éviter l’usage dans les cas suivants :
- Suspicion de risques d'hémorragie, quel qu’en soit le type,
- Coup de soleil et brûlures en général,
- Plaies ouvertes,
- Traumatismes récents.
- Pendant la grossesse, il faut éviter leur application sur le bas et le haut de l’abdomen.
On peut en poser sur la partie basse du dos jusqu’au 6° mois de grossesse, en se limitant aux succions faibles et moyennes. Chez les patients faibles, se plaignant de léthargie et d’épuisement, mieux vaut utiliser les ventouses éclair pour une brève durée."
I°) LA POSE DES VENTOUSES SUR "LES POINTS "ASSENTIMENT DU DOS", "POINTS SHU" LE LONG DE LA COLONNE
La stimulation par ventouses sèches (chaleur et aspiration par le vide, sans incision) sur les "points SHU " du dos ( ou "BEI SHU XUE" ), est une autre pratique majeure en Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC).
Elle agit sur des points d'acupuncture très puissants qui ont la spécificité d'être associés aux organes internes et de leur transporter l'Energie vitale directement, sans passer par les méridiens pour rééquilibrer l'énergie vitale (Qi) et favoriser la santé.
Les points Shu du dos, sur le méridien de la vessie, correspondent aux organes internes, sont décrits dès le " Huangdi neijing" ( Classique interne de l'Empereur Jaune, compilé autour du ii° siècle avant J.C". Ils sont considérés comme des zones où le QI des organes "s'infuse" dans le dos.
Je l'ai apprise en 2012 en formation à l'école SHEN de Paris.
Cette pratique permet de favoriser les processus d'homéostasie du corps ( auto rééquilibre) et de "rétablir l'équilibre énergétique du corps, par un afflux sanguin et d'oxygène plus fort, une stimulation de la circulation sanguine, l'ouverture des méridiens bloqués, la détente et décongestion des organes, des tissus et des muscles, la libération des blocages corporels, le drainage des énergies bloquées et douleurs anciennes et "chroniques", l'élimination des toxines, le ressourcement
et la régulation du Qi ( l'énergie vitale) des organes les plus importants". Selon Guy Monjo, fondateur de l'école Shen, qui a pris sa retraite à la fin de cette session de formation et que j'ai eu la chance de rencontrer.
Il est intéressant de constater qu'il y a aussi un pont avec le concept des Chakras de l'Ayurveda, puisque ces points correspondent aussi, plus ou moins, le long de
la colonne aux points d'entrée des énergies extérieures par les extensions arrières chakriques, et sont proches du canal central Sushumna, où remonte la Kundalini.
De meme, il y a des points communs avec le Shiatsu qui utilisent les "points Yu").
( avec les memes localisations que les points BL-13 à BL-28 (méridien de la Vessie). Ils sont particulièrement appréciés en shiatsu dorsal pour :
• Équilibrer les organes internes (Zang-Fu).
• Traiter les troubles chroniques.
• Diagnostiquer les déséquilibres (par palpation : zones tendues ou douloureuses indiquent un déséquilibre de l’organe correspondant).
• Compléter le travail sur le Hara (ventre, avec les points Mu à l’avant).
En shiatsu, par contre, on utilise plus souvent des pressions prolongées ou des techniques de palmage le long du dos plutôt que des ventouses ou des aiguilles.
L’approche est plus globale : on combine souvent les points Shu avec le travail sur les méridiens, le Ki (énergie), et la respiration. Certains praticiens shiatsu mettent l’accent sur la sensibilité du tsubo ( point d'acupuncture) plutôt que sur la localisation anatomique exacte


Je vais approfondir ces dernières pratiques dans une publication séparée.
merci et bonnes expériences à tous.
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